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Paris, France
Mademoiselle Freud, étudiante en Psychologie, au plaisir de vous faire lire...

mercredi 6 avril 2011

The Show Must Go On.

Chères lectrices, chers lecteurs,


N'ayant toujours pas trouvé la recette si convoitée du don d'ubiquité, je fais avec ma seule personne et ce en 24h/jour et 7 jours/semaine. 


Alors voici un bref ordre du jour en ce début de mois d'avril :


- Bosser mes cours et notamment mon mémoire de recherche (fuc*, shi*, crotte!) qui n'avance désespérément pas (Ô rage! mais surtout Ô désespoir!!).

- Continuer à être autant engagée sur mon lieu de stage qui me prend l'équivalent de 2 jours par semaine. (Si au moins je pouvais être payée... mais non! Bienvenue dans le domaine non lucratif de la psychiatrie publique!)

- Trouver du temps pour écrire des articles pour le blog, (pour ça j'ai la solution : écrire dans le train! 2h/jour pour rédiger la vie quotidienne de Mademoiselle Freud... Ça fait beaucoup d'articles, n'est ce pas? Mais ce n'est pas si simple! Oui, la vie du blogueur n'est pas de tout repos. Il faut également mettre en page les articles (corriger les fautes d’orthographe, mettre des caractères en gras, mettre de jolies couleurs, rendre tout ça lisible quoi. et surtout... Prendre les photos qui vont avec... Enfin prendre la photo c'est bien, encore faut-il la post-traiter, la signer et l'exporter). 


- Passer des entretiens (oui Mademoiselle Freud a beaucoup d'entretiens!) tout en restant fraîche (wesh) et en montrant une détermination hors du commun tandis que le seul disque qui tourne en tête est : "mon lit, la la la... Il est où mon lit chéri? La la la!" (laissez tomber c'est une de mes nombreuses improvisations vocales plutôt vaseuses).

- M'investir dans ma nouvelle nomination en tant que RLCDR (translation : responsable locale de la communication et du développement des ressources, hey classe ou pas?) de la Croix Rouge de Bout-du-monde-sur-Orge.
Comment ça vous ignoriez que j'étais bénévole à la Croix Rouge? Oh! Les mecs! Il faut se tenir au courant un peu!
Bref ceci implique : passer du temps sur Facebook (oh triste vie ^^), trouver des idées exceptionnelles pour trouver des financements, et passer de longues heures en réunion... Et dire qu'Adriana passe du bon temps ailleurs pendant que moi je bosse...


- Grappiller du temps pour dormir sachant que je ne suis pas effective en deçà de 9h de sommeil par nuit. Vous l'aurez compris, en ce moment ça ne tourne pas très vite dans ma tête. 


- Entretenir ma vie sociale hors Facebook. Oui, parce que Facebook c'est chouette mais ça a ses limites. Une solution : voir tous ses ami(e)s d'un seul coup. "Salut Germaine, tu vas bien? (...) Pierrot ton boulot? (...) et ton mec Jeanette ? (...) t'as des nouvelles d'Antonin? Blablabla" (notez les prénoms de mes potes tout de même!)


- Accordez du temps à Grand Amour. Heu... je suis plus sûre qu'on soit encore ensemble, en fait. Faudrait que je lui envoie un SMS, voir s'il se souvient encore de moi. 


Tiens, un lutin qui passe (Oui, dans le monde de Mademoiselle Freud, tout est possible) ! 

Discussion entre le lutin et Mademoiselle Freud :
« - Mademoiselle Freud : Hey salut petit mec! Dis tu pourrais pas me filer un petit coup de main?
- Le lutin : Tout d'abord, adressez-moi la parole d'une tout autre manière, étrangère! Je suis nullement petit. En effet, j'appartiens à l'espèce des nimbus tululus, espèce en tous points de vue supérieure à la vôtre, notez-le bien.
- Mademoiselle Freud (surprise par l'élocution très élaborée de ce petit être et un peu déçue croyant que les lutins étaient tous gentils) : Heu... Très bien Monsieur le lutin, donc heu... Puissiez-vous bien m'aider dans mes lourdes tâches quotidiennes?
- Le lutin : Et bien non, sachez que je possède un contrat exclusif avec le Père Noël.
- Mademoiselle Freud : Je me prie d'insister cher monsieur, je vous promets une petite pièce en retour. 
- Le lutin : Mouhaha! Croyez-vous qu'une simple pièce me sustentera? Sachez que les conditions de travail à Santa Claus entreprise sont exceptionnelles et que j'ai nul besoin de votre misérable sou...
- Mademoiselle Freud (dépitée, rangeant sa petite pièce dans sa poche) : heu... Très bien... Dites, peut-être pourriez-vous me renseigner? A qui dois-je adresser ma candidature pour travailler à Santa Claus entreprise? »

Note à l'attention de Père Freud :

Père Freud, si tu trouves cette note, c'est que j’ai décidé d’arrêter la psycho pour partir dans le ch’nord, travailler pour le père Noël. Les conditions y sont nettement plus envieuses que celles proposées pour les psychologues en France.
PS : dis-le à mère de ma part, tu es fin psychologue, tu sauras trouver les mots pour ne pas la mettre en colère.
Ta tendre disciple qui t’aime

Mademoiselle Freud


NB : excusez la médiocrité des auto-portraits, ils ont été réalisés dans la hâte, juste avant la publication de l'article. 


vendredi 1 avril 2011

Poisson mouillé!

Chères lectrices, chers lecteurs,

Note avant de débuter : fêtons la 500ème visite (508ème exactement) sur le blog! Etant donné le peu de pub que j'estime faire pour ce blog, je suis contente que les anecdotes de Mademoiselle Freud aient pu attirer tant de curieux en moins d'un mois. Alors bravo Mademoiselle Freud. Clap! Clap! Clap! Ca étant fait, maintenant commençons...

***

En ce jour très mémorable pour les plus blageurs d'entre-nous, j'ai eu une subite idée de piéger mes camarades Facebookiens. 
En couple avec Grand Amour depuis déjà pas mal d'années, je suis partie de l'idée suivante : leur faire croire que Lui et moi, c'était fini! [Quelle blague de ouf!]
Bref, après avoir concerté et obtenu l'accord de Grand Amour, (oui, car avec ce genre de bêtise, il faut éviter que lui-même se fasse avoir) j'ai changé mon statut : de "in a relationship" je suis passée à "single" (et oui, j'ai l'English version of Facebook).

Bilan du traquenard : quelques uns sont tombés dans le panneau en m'envoyant des messages inquiétés, du genre : "ne me dis pas que c'est pas vrai??!!". Et pour ces derniers, je m'excuse, et ce même si j'ai bien rigolé. Mais ce qui m'a surtout surpris, c'est ce qui a fait sauter mon pétard mouillé... soit la rapidité avec laquelle d'autres ont démonté ma blague du siècle (merci, super sympas les meufs!).
A croire que les liens qui m'unissent à Grand Amour sont tellement forts que personne n'y croirait. C'est beau tout de même!

***

Discussion entre petite Mademoiselle Freud et grande Mademoiselle Freud :

"- Petite Freud : dis, Grande Mademoiselle Freud, c'est pour la vie le Grand Amour?
- Grande Freud : je ne sais pas, tu sais je crois que rien n'est éternel dans la vie. Maman, un jour m'a dit : "la seule chose d'éternelle, c'est le changement" et donc, tout dépend le temps que ça prend, ça peut durer la vie et parfois un  peu moins.
- Petite Freud : oh! Ca a l'air si triste!
- Grande Freud : pas forcément! Si rien ne changeait, tout serait figé, comme des statuts de pierre, et à quoi bon vivre avec un coeur tout dur?
- Petite Freud : oui... mais ça veut dire que tu ne l'aimes pas Grand Amour?
- Grande Freud : je n'ai pas dit ça! Tu sais, il y a des gens qui invoquent le pouvoir des fleurs et des abeilles ou des étoiles et du ciel pour parler de leur amoureux. C'est joli, c'est romantique, mais ça ne les fera pas aimer davantage. Pour moi, Grand Amour, il est comme ma jambe droite, je suis pas toujours tendre avec lui, il m'arrive de l'user, de le fatiguer, et de le maltraiter. Sur cette jambe, parfois c'est rugueux et ça pique et d'autres fois, c'est tellement doux qu'on en glisserait d'amour. Cette jambe, elle est présente, elle me suit, elle me donne de l'élan, du courage et de la force. Et si un jour on me l'amputait, c'est tout mon corps qui s'effondrerait.
- Petite Freud : mais, on se remet de ce genre d'accident, non? On peut vivre avec une prothèse! Aujourd'hui, les gens ils ont des prothèses partout! Aux jambes, aux hanches, aux bras, et caetera.
- Grande Freud : peut-être, il arrive qu'on survive à ce genre de chose mais... on peut te greffer la meilleure technologie qui existe, je peux t'affirmer une chose : avec une jambe droite en moins, la vie peut ne plus jamais être la même."


Même si un peu déçue que my amazing joke n'ait pas tenue plus de 5 minutes, je dois avouer que je suis plutôt contente que le poisson se soit noyé :)

***

J'interromps le cours de mes pensées et je réalise que la conversation entamée entre Petite et Grande Mademoiselle Freud se finit par la question du deuil, du moins c'est ce que j'ai cru comprendre en les écoutant parler :)... et certains d'entre-vous l'auront peut-être deviné, ceci n'est pas sans lien avec l'actualité du moment.
J'adresse donc ces quelques lignes à mon camarade G. qui nous a quitté le week-end dernier. Cela faisait un petit moment que chacun faisait son bout de chemin. Depuis longtemps, je ne t'avais pas vu et quelques eaux ont coulé sous les ponts mais des souvenirs persistent et persisteront encore. Il y a un jour, tu t'es énervé contre moi, c'était un jour où tu avais cassé la toute-puissante Mademoiselle Freud dans son arrogance si légendaire. Tu me disais : "mais arrête de me saouler, je suis pas ton frère!!", et tu m'avais franchement irrité. Mais en réalité, t'avais raison : les gens m'énervent, tu l'avais compris et toi t'étais bien le premier à en jouer (en avais-tu conscience?)... Et aujourd'hui, je comprends qu'au fond de moi, je trouvais en toi un peu de mon grand frère bien aimé.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"
Lavoisier


A bientôt camarade...

dimanche 27 mars 2011

A la recherche d'un stage/A la quête du Graal.

Chers lectrices, chers lecteurs,

Note avant de débuter : dans le train me ramenant vers ma douce campagne, je divague à écrire quelques mots pour le blog sur mon smartphone. Et je rentre d'un coup dans un état de transe qu'on pourrait comparer à de l'hypnose. Je prends grand plaisir (une fois de plus) à rédiger cet article lorsque soudain, levant la tête, je réalise que j'ai loupé ma station depuis déjà plusieurs minutes. Arrivée à la station "Bout du monde-sur-Seine", je me retrouve bien désemparée quand je réalise que le train duquel j'ai sauté était le dernier de la journée. Il est 23h30 et je pense très fort VDM! Alors, vous avez intérêt à vraiment, mais alors vraiment aimer cet article!!

***


A Paris Descartes (pour les intimes, nous appellerons la maison : P5), pour obtenir le diplôme de psychologue, nous devons justifier de 500h de stage sur deux ans et/dont 120h en psychiatrie adulte. 

NB : à savoir que contrairement à ses collègues étudiants en médecine et étudiants infirmier, l'étudiant en psycho se "démerde" seul pour trouver son stage. Et s'il ne trouve pas, qu'à cela ne tienne, chacun sa merd*!


Maintenant que vous avez les règles du jeu en tête, voici la suite.

Pour l'étudiant en psychologie à l'université, cette recherche de stage fait partie des nombreux obstacles de ce long parcours du combattant. 

Attention! Cet article ne concerne pas

- Les étudiants de l'école privée des psychologues et psychothérapeutes dont je tairai le nom. 
- Les étudiants bénéficiant de pistons et/ou étant fils ou fille de...

Il y a, selon moi, trois niveaux de recherche :



- Le niveau vert : pour une recherche de stage de 2ème année de master (M2 dans notre jargon), votre place est presque déjà faite dans ce monde impitoyable de la recherche de stage. Vous commencez à connaitre les ficelles et rouages du système. La recherche de stage se fait avec une relative légèreté. Vous êtes dans la possibilité de faire jouer vos connaissances et rentrer dans ce cercle très fermé des "pistonnés"... Euh je veux dire des "recommandés". Cependant, malgré votre niveau, gardez en tête que RIEN n'est jamais gagné. 
- Le niveau orange : pour une recherche de stage de M1, comme chantait Alain Souchon : "rame, rameur, ramez". C'est l'année du mémoire de recherche, c'est l'année des insomnies et des angoisses en tout genre. Autrement dit : c'est l'année où vous êtes simplement considérés comme les boulets de service, car prendre en charge des étudiants qui doivent faire de la recherche est une énorme responsabilité. Donc à moins que vous soyez pistonnés, il vous faudra prévoir candidatures, timbres et enveloppes en quantité industrielle. Il faudra également vous armer de patience et de persévérance. Mais aussi faire preuve de ruse, d'originalité et de savoir faire quant à la recherche d'adresses. Conseil de moi-même : soyez donc reconnaissants dès lors où un maître vous offre votre première chance, cependant restez critiques quant à la qualité du stage qu'on vous offre
- Le niveau rouge : pour une recherche d'un stage de 3ème année de licence (L3)... Euh... Comment dire, sans vous offenser, qu'à la rigueur on pourra vous signifier poliment que vous ferez de parfaites fougères de salle d'attente? Welcome dans la jungle de l'ami Darwin où seul(e) le plus adapté d'entre-vous survivra. Et comme dirait Jigsaw (cf. saga Saw) : "Que le jeu commence!"

Les différentes réponses possibles à une demande de stage peuvent être les suivantes : 


- Le courrier de refus type
"Mademoiselle, nous avons le regret de ne pas pouvoir donner suite à votre demande de stage, et ce malgré la qualité de votre CV... Blablabla... Notre équipe étant déjà au complet". (Souvenez-vous, vous avez postulé au mois de février pour une demande de stage débutant en septembre). 
Libre à vous de vous payer le toupet de répondre à ce courrier puant la sincérité : "Madame, Monsieur, c'est avec grande générosité et bienveillance que je vous envoie une seconde candidature afin que vous puissiez réviser votre 1ère décision et enfin ne plus ressentir ces sentiments de culpabilité et de regret que j'imagine profondément pénibles pour vous".


- L'appel sadique qui tue l'espoir
"Bonjour Mademoiselle Freud? --- 

Oui c'est bien moi! --- 

Madame X., psychologue à Ste Anne (ou comment présenter du Royal Xtra Miel à l'abeille) avez-vous trouvé un stage? --- 

Non, pas encore (l'abeille jubile, l'abeille a le coeur qui bat et les ailes qui bourdonnent) --- 
Ah! C'était pour vous annoncer que ça ne pourra pas se faire avec nous! (ou comment anéantir l'abeille avec une tapette à mouche) ---". 
Bref si j'ai bien un conseil lorsqu'un psy prend la peine de vous apeller, ne jubilez SURTOUT pas!! Empruntez plutôt un flegme faussement naturel du genre : "ah oui bonjour, euh... quel établissement?", histoire de préparer et d'amortir une potentielle et douloureuse chute. 

- Le mail du psy (ou de la secrétaire du psy) qui ne souhaite pas plus de contrainte
"Bonjour, après étude de votre candidature, appelez moi au 01.xx.xx.xx.xx pour prendre un rdv, Cdt". 
Et libre à vous de penser : "Mais mec! T'as mon numéro juste en dessous de mon adresse mail, pourquoi tu m'appelles pas??" Un conseil : résignez vous, baissez la tête et rappelez le grand manitou, he's the boss!


- L'appel cordial et respectueux
"Bonjour Mademoiselle Freud! Je suis Monsieur Y., psychologue au Centre médico-psychologique Bidule Chouette! Je vous appelle pour votre demande de stage. Seriez-vous disponible pour qu'on se rencontre?" 
Soudain le temps se suspend et la réponse se doit d'être polie et reconnaissante! Donc ce n'est pas le moment de faire l'idiote et de chambrer le mec qui vous appelle en croyant que c'est votre père qui vous fait une blague. 

Quelle est ma situation actuelle? Mais pourquoi donc êtes vous si curieux??!!

*** 



Vous avez lu l'article jusqu'au bout, bien joué! Vous voulez savoir comment je me suis débrouillée pour rentrer chez moi? Non, pas de marche à pied (traverser une forêt dans le noir, seule, ou comment finir à la Une des faits divers). Non, pas d'auto-stopping (ou comment finir à nouveau dans les faits divers). Dans des moments comme celui-ci, heureusement que Super Papa est toujours là! 

Mademoiselle Freud




vendredi 25 mars 2011

Un peu plus près des étoiles...

Chères lectrices, chers lecteurs,

Le premier semestre s'est achevé il y a deux mois. Et après de longues revendications estudiantines, enfin, nous avons obtenu nos résultats! 

Alors, c'est avec grande fierté que j'ai l'honneur de vous annoncer que...

(Roulements de tambour)

... J'ai validé mon 1er semestre, pompédeup*!!!

Comment ça, vous vous en foutez royalement?! Sachez qu'à la fac les partiels semestriels sont équivalents à un stress lycéen réactionnel au bac! Alors je doute que votre réaction serait la même si vous deviez subir deux périodes de bac par an... Autrement dit les résultats du bac c'est de la gnognotte (oui, je sais, je suis vilaine). 

Bref!

Alors je festoie, je jubile, je chante et je danse en levant les bras tellement haut que j'en décrocherais la lune. Vous l'aurez compris : je suis heureuse! 

Je partage ma joie avec certaines de mes freudines, qui comme moi, dormiront le coeur un peu plus léger pendant ces prochains jours. Et je transmets toutes mes pensées les plus sincères à celles et ceux qui devront recommencer l'année prochaine. 

Quant à mes résultats détaillés... Tiens donc, vous êtes bien curieux! Ne vous en faites donc pas pour moi, ils me préparent un bel avenir... Ou pas ;)

Mademoiselle Freud

*Pompédeup : inutile de chercher dans le dico. Terme synonyme : hip hip hip hourra!

mercredi 16 mars 2011

Parlons sublimation...

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je ne vous trompais pas lorsque je disais qu'écrire demande beaucoup de disponibilité (temporelle et psychique), d'où mon absence remarquée. Mais après avoir passé une semaine très mouvementée où je me suis presque sentie pousser des ailes (je n'en dirais pas plus), je m'arrête un temps pour écrire "quelques" lignes.

Avez-vous déjà entendu parler de la "sublimation" au sens psychanalytique du terme? Admettons que non et à cet instant précis, c'est le moment où je vous assomme à cuillère de confiture (cf. rubrique sur la gauche "citation du moment")
La sublimation est une notion développée par Freud le Père dès 1895 et qui a pour but de comprendre l'activité artistique humaine. La sublimation est la désexualisation d'une pulsion. En d'autres termes et pour essayer de faire plus claire, je reprends la définition donnée sur Wikipédia qui nous l'explique "simplement" et efficacement : les activités artistiques ou intellectuelles, sans rapport apparent avec la sexualité, tirent en fait leur force de pulsions sexuelles (ou de pulsions agressives) dans la mesure où ces pulsions se déplacent vers un but non sexuel, et ce par l'investissement d'objets socialement valorisés.   Ce concept est considéré par certains auteurs comme un mécanisme de défense qui se retrouve souvent chez les artistes. 
Vous ai-je perdu? Oui? Alors des exemples pour mieux comprendre :
- Au lieu d'exprimer son agressivité intolérable, un artiste nous peindra une toile de 1000 couleurs.
- Au lieu d'éprouver des sentiments amoureux pour une femme indisponible, un homme éprouvera une grande amitié à son égard.
- Au lieu de se laisser envahir par des sentiments profonds de tristesse, un écrivain  écrira un roman.
- Au lieu d'être envahie par une angoisse et une peur diffuse de ne pas réussir, une jeune étudiante en psychologie écrira de longs articles pour un blog.

Oui, vous commencez à comprendre! 
C'est donc pour cela que, pour les plus artistes d'entre vous, il vous arrive d'être grandement inspirés lorsque vous êtes tristes ou en colère par exemple.




J'espère avoir été claire mais je dois avouer que définir la sublimation n'est pas un exercice aisé.

Bref! Après avoir introduit mon sujet, j'expose les faits.


Certaines et certains parmi vous savent que Grand frère vit depuis quelques mois à Aarhus, au Danemark, pays des éoliennes et des bicyclettes. Ainsi, l'automne dernier, avec Petite famille, nous avons pris nos baluchons et traversé une partie de l'Europe (à dos de chameau, si, si! Enfin peut-être pas, mais c'était aussi long) pour lui rendre visite. Et le temps d'une semaine, nous avons découvert cette charmante contrée, très dépaysante.

A Aarhus, on trouve le célèbre musée des beaux arts d'Aros (appelé également Le Diamant Blanc). Certaines des expositions présentées restent, d'autres changent et ne restent q'un temps. Ainsi, sur dix étages, sont exposés différentes oeuvres et différents artistes. Au dernier étage (celui que nous avons visité en premier) est consacré à l'Age d'Or et au modernisme danois. Les toiles qu'on y trouve sont classiques mais lumineuses et très plaisantes (c'est mon humble avis). Et aux étages inférieurs, on peut découvrir des oeuvres d'Andy Warhol et d'autres artistes moins connus en France.


Au premier sous-sol, on trouve la figure emblématique du musée :  The Boy de Ron Mueck (voir ci-contre), une statut de 5m de haut époustouflante de réalisme représentant un jeune garçon au regard et à la position un tantinet angoissant et qui m'a fait penser au célèbre personnage Gollum du Seigneur des Anneaux.




En octobre 2010, au premier sous-sol on trouvait également (et voilà où je veux en venir) les oeuvres de Christian Lemmerz et attention je réserve ce paragraphe aux plus de 18 ans
Bien sûr, on aurait pu se méfier lorsque le caissier a dit calmement en nous vendant les billets d'entrée et en regardant Petit frère de 13 ans (à croire que le flegme japonais est partagé également par certains danois) : "what is exposed by Lemmerz might be tough for young people". Pas de quoi effrayer un bisounours, me suis-je dit! Et Petite famille de penser : "bon si ce n'est pas interdit aux moins de 18 ans, ça ne doit pas être si "tough" que ça, et puis le "might" n'est pas si dissuasif". Inutile de se précipiter sur Google translate, je vous traduits les réels propos de ce danois : "Attention, pornographie trash et gore au programme, âmes sensibles s'abstenir!". 


Lors de notre visite, Petit frère de 13 ans, toujours un peu plus pressé que les autres, nous avait devancé et avait visité l'expo le premier... Il en était ressorti 10 minutes plus tard et nous, encore naïfs et innocents, nous étonnions de le voir si blanc et si embarrassé.
Et Petit frère, dont le totem sera pour cet article Petit sage danois, répondait à nos interrogations avec une sorte de neutralité bienveillante : "Chère Petite famille, je vous prie d'entrer... je pense qu'il est plus judicieux que vous fassiez cette expérience subjective par vous-même". (Petit sage danois, dans la réalité, ne s'exprime pas ainsi, mais je préfère déformer ses propos pour maintenir la confidentialité à un niveau élevé).

J'ignore comment vous décrire les oeuvres de Christian Lemmerz de manière sublimée. Donc, je vais le faire de manière crue, puis vous serez invités à cliquer sur des liens qui vous mèneront vers son travail. Je n'ai aucune photo à vous présenter, Jason (mon Canon) n'était pas de la "party"
Voici donc les principales icônes qui m'ont marquées, mais avant mise en situation : vous arrivez dans une grande salle d'exposition sombre qui ressemble à un hangar dont les murs seraient noirs, et des statuts de marbres y sont réparties à égale distance. Ces dernières sont éclairées par des spots de lumière qui les ciblent parfaitement.
- Une statut de marbre blanc représente un drap blanc sous lequel on peut deviner un corps (un cadavre?)
- Une statut de marbre blanc représente un nouveau-né endormi et en s'approchant de lui, on remarque les stigmates de la crucifixion  sur ses mains et ses pieds.
- Une statut de marbre blanc représente Mère Thérésa tenant amoureusement un jeune enfant dans ses bras et en s'approchant on remarque qu'elle l'étrangle avec un sourire sadique.


Mon Surmoi est trop fort, je ne peux vous en dire plus, mais je crois que vous avez compris. Pour les plus curieux d'entre vous, je vous invite à google-iser Christian Lemmerz.


Pour conclure cet article (ENFIN!), je vous raconte la fin de l'histoire. Petite famille sortie de cette épreuve, Petite maman, choquée et horrifiée, n'a cessé de dire à quel point ce que ce mec faisait était horrifiant et dégoûtant. Et je dois avouer que j'ai été fortement tentée de la suivre dans sa réflexion mais déformation universitaire m'obligeant, je me suis enclenchée en mode "psychanalyse de l'art moderne" et les hypothèses suivantes ont commencé à fuser dans mon jeune psychisme :
- Peut-on encore parler de sublimation puisque l'agressivité semble directement exprimée. - Mais peut-être pouvons-nous encore parler de sublimation puisque cette agressivité est déplacée sur des objets créatifs.- D'où vient ces pulsions agressives si fortes? - Pourquoi son Surmoi (les lois et les interdits que nous intégrons lors de l'enfance) n'a-t-il pas mis en place une censure suffisante?- Lemmerz avait-il eu une mère obsédée par la propreté? Avait-il fait une fixation au stade anal?- Pourquoi utiliser du marbre blanc, matériau si pur, pour représenter des scènes aussi marquantes?- Quel traumatisme a-t-il vécu dans sa jeune enfance?
Je n'aurai JAMAIS la prétention de dire que je détiens la réponse à ces questions, elles restent ouvertes et je vous invite, humblement, à apporter vos contributions à ma compréhension du fonctionnement psychique de Christian Lemmerz, artiste auquel je pense encore de temps en temps et qui, malgré ses horreurs apparentes et à la vue de cet article qui n'en finit jamais, m'a en réalité profondément touché... (Waahh, paye ta phrase de 5 lignes!)


Allé après vous avoir comté de douces horreurs, je vous souhaite une très belle nuit...


Mademoiselle Freud


PS : en relisant cet article, j'éprouve un fort besoin de justification. En effet, j'ai bien conscience que, dans cet article, je m'attaque à des sujets lourds, vastes et compliqués (l'art et la sublimation). Je tiens donc à vous rappeler que tout ce que vous trouverez sur Mademoiselle-Freud.blogspot.com n'est pas toujours à prendre au "pied de la lettre". Pour moi, il s'agit principalement d'un amusement et non de disserts de psycho pour examen. La plupart des choses que vous trouverez ici sont vulgarisées, histoire de ne laisser tomber personne dans la bataille et de rester le plus attractif que possible. J'informe certains que Freud le Père a passé sa vie entière à écrire des ouvrages et à élaborer des concepts... Moi, je passe seulement quelques heures par semaine à essayer de vous transmettre certaines notions que, parfois, je crois comprendre. Bref, à bon entendeur...



dimanche 6 mars 2011

Anyway, life is beautiful!

Chères lectrices, chers lecteurs,

Quelle ne fut pas ma surprise de la dernière demi-heure lorsque, trifouillant dans les fonctionnalités Blogspot, j'ai constaté que mon blog avait été consulté 99 fois depuis hier, 17h, et ce en ayant exclus mes propres consultations de page. Modestement, je dirais que je trouve ça juste... ENORME! Vous me surprenez mes chère(e)s ami(e)s et je tiens à vous dire à quel point je suis très fière de votre réactivité. Mais... tiendrez-vous la distance? Bon... je cesse de projeter sur vous mes propres doutes, pour être plus honnête, la vraie question serait plutôt : arriverai-je à tenir ce blog? Sincèrement... Pouet! (synonyme de "je ne sais pas"). Tenir un blog est un travail fastidieux qui demande beaucoup de temps et passer du temps à écrire, c'est passer moins de temps à travailler, CQFD... Advienne donc que pourra...

Sans transition

Petit feedback des premières impressions. Ma freudine* H.C., après avoir lu mon article d'introduction, est la première a m'avoir signifié que je paraissais légèrement en colère. Et pour être sincère, cette remarque m'a fait écho. Effectivement, lorsque je rédigeais ce premier article, je m'étais fait la réflexion, après relecture du brouillon, que je ne dressais pas un tableau très flatteur des études de psycho et qu'il fallait donc que j’entame un paragraphe où je dirais à quel point la vie est GENIALISSIME quand on veut devenir psychologue, et devinez quoi... j'ai TOTALEMENT oublié! Le Père me dirait sûrement qu'il s'agit d'un acte manqué dû à un sentiment inconscient refoulé et je lui répondrais simplement : "Oui Papou, tu as raison". Je n'analyserai pas plus sauvagement le pourquoi du comment de cet acte manqué. Ne vous en faites pas, j'en parlerai peut-être à ma psy.

Il est un fait que je ne peux pas généraliser à tous les étudiants de psycho : je suis anxieuse par nature (en psycho, on parlera d'anxiété-trait pour décrire la tendance stable à être anxieux). Donc, oui, je suis stressée, et en particulier en ce moment, où je suis dans l'attente des résultats qui me permettront ou pas de continuer mon cursus. Ce stress cause probablement ce mouvement "haineux" dont je fais preuve lorsque je décris le système universitaire dont je suis la victim... euh pardon, je voulais dire l'heureuse bénéficiaire.

Bref, en prenant du recul... après 4 ans de post-bac et 4 ans de rencontres et découvertes en tout genre, je réalise qu'il n'y a pas plus complet que les études de psychologie : elles forment à un métier qui a pour but d'aider les autres, elles développent sensiblement votre culture générale et votre sens de l'humour, elles vous apprennent à être plus humbles et sincères avec vous-même, et surtout elles vous apprennent à comprendre les gens et les choses de la vie différemment. (Attention! A la question "mais quand tu fais des études de psycho, tu dois passer ton temps à nous analyser", la réponse est "NON!" Nous en parlerons une prochaine fois). Bref pour toutes ces raisons, je peux dire que pour rien au monde je ne regrette avoir choisi cette voie-ci et ce même quand cette fucki*** prof de terminale me disait "Psycho? Pourquoi? T'es sûre? Je te le déconseille! Tu sais que c'est bouché! Tu ne trouveras pas de travail!", bon plus sagement je dirais qu'elle n'avait pas tout à fait tort mais... pouet!

Plus sérieusement connaissez-vous d'autres études :
- Où un prof (dont je tairais le nom) vous conseille de goûter aux médocs qui se trouvent dans l'armoire à pharmacie de vos grands-parents.
- Où lorsqu'un prof (ou tout autre individu) fait un lapsus, les étudiants éclatent de rire en disant "hum, hum".
- Où on peut voir un prof de neurophysiologie imiter les cellules du corps humain comme s'il jouait un rôle au théâtre.
- Où on parle de la sexualité, comme on parlerait de la conjoncture économique mondiale.
- Où les étudiants se "marrent" quand on étudie la dépression et le suicide.
- Où on peut se retrouver en vacances forcées pendant 3 mois de grève.
- Où un prof décide de nous faire un cours entier consacré à l'analyse poussée du film "Black Swan".
- Où les étudiants sont évalués sur un écrit de 4 pages concernant leur ressenti sur telle ou telle situation.
- etc.

Tous ces souvenirs sont précieux à mes yeux, je suis profondément heureuse d'avoir vécu tous ces moments et ça je vous le dis sincèrement...

Au plaisir.

Mademoiselle Freud



*"Freudine" : néologisme résultant de la contraction "copine", "Freundin" ("amie" en allemand), et Freud (Sigmund). Ce terme sera employé par moi-même pour dénommer mes psychounettes soit mes amies de la fac de psycho.

samedi 5 mars 2011

Freud, M. (2011) Introduction à la Bloganalyse. Editions Blogspot : Paris.





Chères lectrices, chers lecteurs,

Force est de constater que mon attirance pour la blogosphère a une fois de plus triomphé. Après plusieurs longs mois sans avoir sorti ma plume, j'ai décidé de me remettre à l'écriture. C'est donc avec émotion et grand enthousiasme que je reprends du service à travers Mademoiselle Freud.

De quoi s'agira-t-il? C'est (presque) simple. Pour que vous puissiez comprendre le cheminement de ma pensée, vous devez savoir que depuis quatre longues années j'étudie la Psychologie (oui, avec un grand P) à l'université Paris Descartes. De plus, afin que vous soyez en toute connaissance de cause, je suis dans l'obligation de vous révéler le plus grand secret qui existe après celui de La théorie du complot... assoyez-vous et écoutez bien... (roulements de tambour)... En France, les études de psychologie sont difficiles! Vous tombez des nues? Je ne suis pas surprise par votre réaction. Sachez, Mesdames et Messieurs, que vos tendres et chers futurs psychologues sont élevés, par l'université française, en batterie : enfermés à 50 dans des salles de classe minuscules et sans lumière, gavés de savoir, amputés de leur capacité de réflexion, entraînés à mémoriser par coeur manuels diagnostics et théories en tout genre... Puis, ayant mûris et atteints l'âge adulte, les pré-psychologues les plus combattants et les plus forts seront diplômés, les moins armés et les plus faibles finiront comme chair à nuggets au pôle emploi service sans même avoir été gratifiés.

Bref, tout ça pour en venir au fait suivant : les études pour devenir psychologue ne sont pas un long fleuve tranquille. 

Et c'est parce que j'ai décidé de faire de ma vie un long enchaînement d'aventures en tout genre, que je vous propose de me suivre dans cette expédition que vont être mes deux dernières années d'étude.
Je vous présente donc, à travers ce blog, les chroniques de Mademoiselle Freud, future psychologue ou pas. Vous y trouverez mes doutes et mes peurs, mais aussi mes réussites, mes espoirs et mes joies. C'est donc ainsi, que poliment, je vous invite à rentrer dans mon monde. Alors, comme dirait le Père : Wilkommen!

Au plaisir.

Mademoiselle Freud






PS : Je possède les droits d'auteurs de chaque photo publiée sur ce blog, merci de les respecter.